Monotraite : un indispensable pour une bonne qualité de vie
En 2020, au moment où mon père m'annonce qu'il souhaite arrêter de travailler à la ferme, de très nombreuses interrogations surgissent. En élevage laitier, la plus grosse contrainte humaine étant la traite, il me semblait évident que je ne pouvais pas continuer seul à traire 100 vaches dans une salle de traite 2*5 postes de 1975, et cela 2 fois par jour. Il fallait compter entre 5 et 6 heures de traite par jour !!
Vous vous dites certainement qu'il n'y a qu'à trouver un nouvel associé… Mais qui a déjà été associé en élevage laitier connait la difficulté de trouver une personne à peu près compatible. Cela demande tellement d'investissement personnel que s'associer équivaut à un mariage… Bon courage pour trouver la bonne moitié ! Le choix d'un nouvel associé est donc écarté !
Investissement dans le confort quotidien au travail …
![]() |
| Ma salle de traite 2*10 TPA de 2021 |
… tout en songeant au non travail
Mais voilà, cela ne me convient toujours pas, certainement suis-je un éternel insatisfait. Je regarde donc les différentes alternatives et la monotraite est une pratique qui m'interpelle beaucoup. Malheureusement, de tous les commentaires que je reçois, cela ne me conviendrait pas : "C'est quelque chose que l'on fait quelques années avant la retraite !", "Il ne faut plus avoir d'annuités en cours", "Il faut faire super gaffe aux aspects sanitaires". Rien de très positif !
Pourtant je me dis que c'est LA solution. De plus, mes études prévisionnelles montraient que cela pouvait être cohérent économiquement. C'est ainsi que le 1er janvier 2023 commence l'aventure de la monotraite !! Alors oui, le 2 janvier les vaches ont fracturé l'entrée de ma salle de traite… Me retrouvant avec une énorme quantité de bouses dans les gouttières. Mais dès le 3 janvier, la routine a été prise par les vaches… Et moi également !!
Voyant que le lait produit par vache baissait rapidement, j'en suis venu, dès le mois de février, à arrêter les concentrés. Il faut savoir que mes vaches de race Holstein, à ce moment-là, sont passées en très peu de temps d'une alimentation avec beaucoup de maïs et de concentrés à une alimentation herbagère… Et tout s'est très bien passé.
Ma production laitière a chuté de 70% en 2 ans, et cela sans baisse significative de mes résultats économiques.
L'éloge du lâcher prise
Le plus compliqué sont nos aprioris, notre pensée. Au tout début, quand je voyais la chute de production, je me disais "18 kilos/vache… Bon si ça reste à ce niveau là, c'est bon !! et puis 17..16..15..14.." C'est pourquoi au bout d'un ou deux mois, j'ai arrêté de me soucier de la production de mes vaches. C’est compliqué au début mais tellement appréciable par la suite. On se rend compte que nous mettons nos propres œillères, libre à nous de les retirer. En parallèle j'ai arrêté tous mes achats d'aliments et me suis concentré sur la clé de mon système : le pâturage.
Petite suggestion donc, n'écoutez pas les conseils des personnes gravitant autour de vous. Forgez vous un très bon niveau de connaissances de votre projet. Entourez vous de conseillers compétents et indépendants et suivez le cap que vous vous êtes fixé !
Conclusion, plus de deux après, la monotraite est INDISPENSABLE pour une qualité de vie épanoui. On n'est quand pas fait que pour bosser Bon Di** !! Il m'est impensable, aujourd'hui, de faire marche arrière.

Commentaires
Enregistrer un commentaire