Biodiversité (3/4) : l'agroforesterie, une solution d'avenir ?
Nous avons toujours bouleversé notre environnement. Le Remembrement fut brutal et peu réfléchi, pouvons-nous constater à posteriori. Les parcelles agricoles ont donc vu leur superficie augmentée, et pour certaines de manière très considérable. Le travail des champs s'est donc retrouvé grandement facilité, parallèlement à l'essor de la mécanisation.
Une réponse aux troubles que nous engendrons
Cela aurait été trop simple si ça ne s'était pas accompagné de quelques inconvénients comme une chute de la biodiversité - impact négatif sur les rendements culturaux dû à la perte de contrôles biologiques de bio agresseurs et de pollinisation - une érosion accentuée des sols et une moins bonne rétention en eau rendant les périodes de sécheresse plus critiques pour les cultures en place. Encore une fois, mes arguments sont très ethnocentrés autour du nous !
C'est dans ce contexte, dans les années 80, qu'apparait la notion d'agroforesterie et son concept d'alignements d'arbres, plus ou moins espacés, au sein d'une parcelle cultivée. Cette gestion très rationnelle du territoire n'entrave pas le travail des machines et ne peut avoir qu'un impact positif en réponse des problématiques citées précédemment.
Je pense que nous avons fait trop de tort à notre environnement et que nous ne pourrons jamais réparer nos erreurs. Néanmoins, il est primordial de mettre en place toute mesure pouvant contribuer à réinitier la colonisation de nos campagnes par le monde vivant. L'agroforesterie est l'une de ses mesures.
Lier agroforesterie et pâturage
Sur ma ferme, les parcelles de pâturage pour mes vaches laitières mesurent 1.4 hectares en moyenne. Mon objectif premier est qu'elles soient toutes cernées par des haies bocagères. Là-dessus, il me reste encore un peu de travail, mais c'est en bonne voie. Dans un second temps et à la suite du constat simple que l'herbe est plus résiliente aux périodes de sécheresse lorsqu'elle est abritée par une végétation plus haute (arbres, haies, bosquets), je souhaite mettre en place de l'agroforesterie au sein de mes parcelles de pâturage.
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| Parcelle en agroforesterie plantée en 2023 avec les petits veaux en arrière-plan |
En 2023, nous avons ainsi lancé une expérimentation sur une parcelle. Nous avons donc planté 84 arbres d'essences locales : alisier torminal, aulne glutineux, chêne chevelu, érable sycomore, orme lutèce, tilleul des bois. Après deux années, les arbres se sont bien implantés et poussent correctement. La limite que je relève, qui va freiner mon envie de multiplier cet essai à d'autres parcelles de pâturage, est le temps de travail que cela demande pour l'implantation, la mise en défens du troupeau et l'entretien régulier jusqu'à ce que les arbres soient assez développés.
En conclusion, je dirais que l'agroforesterie est une piste de travail pour faire face aux aléas climatiques. L'objectif étant de trouver une façon de rendre son implantation moins chronophage. Tout cela dans le but de favoriser un développement rapide de la pratique. Cela fera certainement l'objet d'un futur article.
Suite : Biodiversité (4/4) : Et si on parlait des ourlets herbacés

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