Pâturage (2/4) : le cycle Sol - Plante - Animal
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| Mes vaches au pâturage |
L'essentiel des connaissances théoriques, que j'ai acquises, proviennent de l'enseignement proposé par Mathieu Beissière. Dans cet article, je ne reviendrai pas en détail sur l'ensemble des connaissances, uniquement sur les grandes pertinences. Je vous laisse au plaisir de la lecture du livre Le pâturage tournant dynamique pour les approfondissements.
Tout d'abord, il est important de comprendre que le moteur du cycle Sol - Plante - Animal est la photosynthèse. Elle permet d'avoir des prairies à très haut rendement sans aucune intervention mécanique et chimique et cela pour une durée indéterminée.
Rien n'est possible sans un Sol en bonne santé
L'un des premiers indicateurs qu'un sol fonctionne bien est l'homogénéité de la parcelle, sans zones de refus liées aux bouses. L'objectif étant de ne jamais à avoir faucher les refus.
On retrouve également de nombreuses plantes bio indicatrices qui nous permettent de faire un état des lieux de notre sol. Je vous renvoie vers l'article concernant Gérard Ducerf. Dans la très grande majorité, les problèmes rencontrés ont des origines communes : le surpâturage et la compaction mécanique ou biologique. Ce sont donc des comportements à proscrire car ils impactent fortement le bon fonctionnement du sol et son alimentation qui se fait selon trois modalités : par les déjections animales, l'herbe résiduelle en sortie de pâturage et les exsudats racinaires.
Il est important de savoir que le sol évolue à la suite de l'implantation d'une prairie et que nos bonnes pratiques n'empêcheront pas une fertilité affaiblie au bout de quelques années, le temps que la porosité biologique - temps long - substitue à la porosité mécanique - instantanée - créée par les engins agricoles.
Appréhender le bon développement des Plantes
Passons ensuite à la seconde partie, la Plante et essentiellement les graminées. Il faut savoir qu'une feuille émerge chaque fois qu'une autre devient adulte, que la taille des feuilles (limbes) et proportionnelle à la taille des tiges (gaines) et qu'enfin une plante produit au maximum 3 feuilles par talle. L'optimum au pâturage est donc le stade 3 feuilles, exception faite au printemps où on essayera de faire pâturer au stade 2,5 feuilles afin de maitriser la phase de montaison. Il ne faut pas permettre aux animaux de couper la gaine, au détriment des rendements futurs.
Il faut savoir que, dans une parcelle, les animaux vont toujours effectuer leur pâturage en trois passages. Au premier passage, l'animal va toujours couper la plante au même endroit, laissant 2-3 centimètres de feuilles. L'idéal est d'arrêter le pâturage à ce moment-là, les feuilles restantes permettent de nourrir et protéger le sol et la plante. Lors du deuxième passage, les animaux vont venir pâturer les feuilles restantes sans toucher à la gaine, c'est le début du surpâturage. Enfin, lors du troisième passage, la gaine est pâturée entrainant un surpâturage important.
La quantité d'herbe produite au stade trois feuilles est très variable. Cela va de 800 kg de MS / ha dans le cas de prairies clairsemées à 1500 kg de MS / ha pour très prairies très denses avec une forte présence de graminées.
Dernier point sur le trèfle blanc. Trop souvent considéré comme étant gage d'une prairie performante lorsqu'il est présent en grande quantité, il faut se méfier des idées reçues car il ne substituera jamais une graminée pâturée au bon stade. En revanche, le trèfle blanc permet de boucher les trous dans une parcelle et de relancer des sols très pauvres.
L'Animal au service du Sol et de la Plante
Nous arrivons maintenant au dernier maillon de notre cycle : l'Animal. On comprend en arrivant à cette partie que l'objectif des systèmes très pâturant sont la recherche d'une grande productivité à l'hectare. Il n'existe aucune corrélation avec une forte productivité individuelle, au contraire. Il est, simplement, important de mettre toutes les conditions en place pour que les animaux pâturent sans contraintes et sans impacter négativement le sol et la plante.
Ainsi, il est important de veiller à avoir des chemins de bonne qualité, en toute saison pour les vaches, des clôtures entretenues et un abreuvement bien placé dans chaque paddock. C'est simple à dire, fastidieux à mettre en place mais tellement agréable au quotidien quand ces éléments sont installés.
Il est fortement conseillé de ne pas dépasser 3 jours de temps de présence pour le troupeau pour ne pas entraver les éventuelles repousses d'herbe.
Concernant la portance et le piétinement, on peut adapter le temps de présence pendant les pluies en diminuant la taille des parcelles. Au printemps, il est possible de piétiner pour préserver la qualité future. En revanche, à l'automne, la priorité est donnée au sol.
Suite : Pâturage (3/4) : en pratique ça donne quoi ?



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